La fin de la démocratie représentative

Le 17 décembre 2010, un marchand tunisien, Mohamed Ghannouchi, s’est immolé par le feu afin d’exprimer son désespoir face à la dictature et la corruption qui sévissaient son pays. Cet acte a mené à la chute de quatre régimes, deux gouvernements et de nombreuses réformes.

Le 17 septembre 2011, un petit groupe de manifestants a érigé un camp dans le parc Zuccotti à New York afin de souligner leur opposition à la croissance de l’inégalité sociale et économique qu’ils percevaient comme un fléau attribuable au pouvoir démesuré des entreprises multinationales et des institutions financières. Leur cause s’est transformée en un mouvement qui, à son apogée,  comptait 951 manifestations à travers 82 pays.

Le 13 février 2012, 500 membres de l’Association des chercheuses et chercheurs étudiants en sociologie et du Mouvement des étudiants et étudiantes en service social de l’Université Laval, affiliés à la CLASSE, initient une grève générale illimitée dans les cégeps et universités du Québec. Ils revendiquaient le retrait de la hausse des frais de scolarité prévue dans le budget du Parti libéral du Québec. Le 22 mars 2012, plus de 200 000 étudiants ont participé à une manifestation dans les rues de Montréal. Plus de 300 000 étudiants à travers le Québec ont participé à la grève qui s’est poursuivie jusqu’au 7 septembre 2012 avec la défaite du Parti libéral et l’élection d’un gouvernement minoritaire péquiste.

Turbulence…

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Nous remarquons, depuis quelques années, une montée des manifestations populaires. Ce phénomène n’est pas une anomalie temporaire. Le printemps arabe, le mouvement « Occupy » et la grève étudiante québécoise de 2012, bien qu’ils aient eu des éléments déclencheurs différents, ont tous été catalysés par les réseaux sociaux tels que Facebook et Twitter.

Ce sont les réseaux sociaux qui ont permis l’organisation et le maintien de ces mouvements en leur fournissant les outils de communications et de diffusion nécessaires. Sous la protection de l’anonymat relatif accordé par la structure décentralisée du web, les internautes peuvent librement exprimer leur mécontentement face aux politiques de leur gouvernement et s’associer en groupes ad hoc pour les combattre publiquement avec la force du nombre.

Le web social est un outil qui, selon moi, bouleversera les systèmes politiques désuets qui datent de l’époque coloniale. Les réseaux sociaux offrent des points de rassemblement sécuritaires pour le libre échange d’idées et permettent l’incubation des mouvements révolutionnaires. Notre démocratie représentative canadienne sera méconnaissable d’ici 20 ans. Certaines grandes avancées technologiques en seront responsables.

Vers où se dirige la technologie?

Nous sommes présentement à l’ère de la connectivité mobile. Les internautes peuvent avoir accès à la toile n’importe où, n’importe quand, à travers les cellulaires, tablettes et phablettes. Certains, à la fine pointe des technologies émergentes, sont même équipés d’appareils oculaires (Google Glass) qui permettent de brouiller la ligne entre le web et la réalité. Une des prochaines grandes révolutions technologiques la fera disparaître complètement.

Nous assisterons bientôt à une lutte acharnée contre les limitations de l’interface.

Interface : Limite commune à deux systèmes, permettant des échanges entre ceux-ci.Larousse.fr

À l’heure actuelle, mes interactions sur le web sont encore limitées par son architecture. Je suis obligé d’interagir principalement de manière textuelle. La vitesse et la fluidité de mon interaction sont donc limitées par ma maîtrise de mon clavier et ma compréhension du langage des moteurs de recherches.

Le web est « recherche – résultats ». Le web est désorganisé. Le web nous force à travailler pour trouver les réponses à nos questions.

Le web est bête.

Mais cela va bientôt changer avec le Web 3.0

Web Sémantique
(dans 1 à 5 ans)

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Le passage au Web 3.0, dit web sémantique, fera évoluer notre manière d’interagir avec les données contenues sur le web. HTML permet seulement de décrire des documents et les liens entre ces derniers. Le langage du web sémantique permettra de décrire des éléments arbitraires tels que les personnes, les objets, les dates et les liens qui les associent.

La page web est un objet immuable qui ne s’adapte pas à nos besoins ou à nos intérêts, donc la page web sera bientôt une antiquité informatique. Les pages web continueront à exister, mais leur contenu sera converti en données descriptives stockées dans des bases de données accessibles sur le Web. Cette évolution du web, dont l’ancêtre est l’étiquetage et la folksonomie, permettra aux internautes de personnaliser la présentation de contenus. Nous passerons du web « recherche-résultats » au web « question-réponse ». Une recherche du type « vol + Montréal-Paris + prix bas» deviendra « Quel est le vol le moins cher pour Paris? » Les données « date » et « aéroport de départ » seront automatiquement incluses dans la recherche en fonction de l’origine géographique de la requête. La réponse sera claire et définitive (Le vol le moins cher de Montréal vers Paris est le vol *# de vol* partant à *heure de départ* le *date* à *prix*). La présentation de la réponse pourra se faire sous forme textuelle, audio ou même graphique. Le web sémantique permettra l’assemblage intelligent des données et la démocratisation de l’information.

Google tente déjà d’offrir une approximation du web intelligent analysant les comportements des internautes afin de déceler les liens sémantiques entre les pages web. Ils permettent aussi de poser des questions qu’ils décortiquent en requêtes au moyen d’algorithmes. Toutefois, le langage de base du web devra changer afin d’inclure le contenu sémantique dès la création d’une donnée. Je ne m’aventurerai pas à prédire le langage qui sera utilisé, mais plusieurs options existent déjà (RDF, OWL, XML, etc.). Le World Wide Web Consortium (W3C) a un choix à faire qui déterminera les paramètres de l’écosystème informationnel.

La fin de l’interface
(dans 5 à 10 ans)

Lorsque notre fureteur pourra trouver directement les réponses à nos questions, nous n’aurons alors plus à interagir tactilement au moyen d’une interface pour les poser. La relation entre l’humain et l’ordinateur passera de l’interaction à l’intégration, une fusion symbiotique permanente.

Cela peut paraître effrayant, mais il y a vingt ans, nous aurions été effrayés par le concept du partage permanent de nos informations personnelles sur le web. L’intégration totale du web dans nos vies quotidiennes est le résultat logique de notre soif pour la mobilité et les avantages qui en découlent.

Je sais qu’ultimement nous nous promènerons les poches vides. Pourquoi? Parce que c’est plus facile. Personnellement, je suis tanné de devoir traîner mon téléphone, mon portefeuille et mes clés. J’ai déjà subi la perte des trois et c’est un effort continu de devoir continuellement les surveiller. La caméra simple est déjà un artéfact qui s’est intégré au téléphone. Le portefeuille s’intègre lui aussi au téléphone. Les clés suivront. Le téléphone s’intègre à la montre et la montre s’intègrera aux lunettes. Les lunettes s’intègreront à mes yeux pour éventuellement s’intégrer à mon cerveau (la correction de ma vue pourra s’effectuer de manière numérique et non de manière optique de toute façon).

Quand nous serons, pour la plupart, branchés en permanence, comment qualifierons-nous le « monde réel »? Si je modifie un « objet web » et cette modification mène à des conséquences pour tous, qu’importe si mes agissements se déroulent sur le web? Nos interactions sont régies par des lois ayant des portées territoriales limitées, mais le concept de la territorialité n’est plus applicable dans un monde branché. Nous souffrons déjà de cette déficience des lois étatiques.

L’identifiant unique
(dans 10 à 20 ans)

La réponse à ce problème sera l’émission de passeports virtuels par l’état. L’état sera responsable de préserver l’anonymat de ses citoyens tout en leur accordant un identifiant unique qui permettra de suivre l’évolution de leurs agissements sur le web. Le voile de l’anonymat sera seulement levé lors d’activités illicites qui nécessitent une intervention policière. L’état est la seule entité qui regroupe les ressources et les intérêts nécessaires pour maintenir un tel système d’identification.

L’impact de l’évolution technologique sur le système politique

Tel que discuté, le web sémantique permettra un accès rapide et surtout facile à l’ensemble de l’information qui peut être extraite des données contenues sur le web. Soudainement, tout le monde aura la possibilité de faire du « fact checking » en temps réel lors du discours d’un candidat électoral. Les décisions politiques pourront être répertoriées comme des « objets », partagées, discutées et analysées. Les blogues garderont leur importance dans un tel système, car ils permettent la liberté d’expression et sont des véhicules de transmission du savoir, mais les billets pourront être reliés à des idées ou des concepts et non simplement à d’autres pages web. Des sujets de débats complexes seront mieux expliqués et plus facilement discutés. Les tendances dominantes au niveau de l’opinion publique seront aussi plus facilement identifiées par les politiciens.

La présentation de l’information extraite du web pourra prendre autant de formes que les applications web qui permettront de la traiter. Une infinité de plateformes concurrentes seront développées, mais elles permettront toutes de regrouper, en un ensemble cohérent, la totalité de l’expérience sociale de chaque internaute. En effet, lorsque le web ne sera plus qu’une énorme base de données, toutes les fonctionnalités des réseaux sociaux et des magasins virtuels, notamment, seront regroupées à travers un point d’accès unique.

Si les plateformes sociales permettent l’organisation d’actions citoyennes telle qu’illustré par l’effet catalyseur de Facebook et Twitter, la disparition de l’interface avec le web permettra la coordination spontanée de ces actions. Le web sémantique démocratisera l’information, mais l’accès constant à l’information permettra aux groupes d’intérêts de réagir instantanément à l’évolution du paysage politique.

Examinons un exemple concret d’une réaction citoyenne instantanée :

Disons que la politique environnementale du gouvernement provincial me tient à cœur. Puisque le web sera organisé de manière sémantique, je pourrai suivre l’évolution de la politique en vigueur en l’identifiant comme un sujet qui m’intéresse (comme un RSS, mais pour un sujet et non une page). Au lieu d’avoir une multitude de mises à jour à travers un agrégateur comme Feedly qui fonctionne avec des mots clés, je pourrai recevoir des informations qui me seront présentées de la manière la plus pertinente pour moi. De plus, je pourrai participer instantanément aux discussions sur l’impact de ces changements.  

Avec le web 2.0, je peux modifier le web à travers les fonctionnalités qui me sont permises par les services en lignes. Le 2.0 limite toutefois la sphère de mon activité à des pages spécifiques. Avec le 3.0, il n’y aura plus de pages et mon apport à un « objet  web » sera évalué en fonction de la qualité de mon contenu et ma contribution à la conscience collective furetable.

Ma vision du web est donc d’un espace public indissociable de son aspect social et évolutif. Le web sera à la fois une extension de la pensée et un complément à la réflexion. Dans un tel monde, où tout un chacun peut participer en tout temps aux débats politiques d’importances, notre système politique représentatif aurait-il encore sa place?

Oui, car il manque encore un élément : l’identifiant unique.

La fin de facto de la démocratie représentative

Même avec la coordination de l’action citoyenne immédiate et l’analyse constante de l’impact des décisions politiques par les blogueurs, les entreprises et les organismes, l’identifiant unique est la clé qui éliminera les barrières aux consultations publiques, aux votes informatisés et aux référendums.

L’objectif principal de l’identifiant unique sera, selon moi, de répondre aux difficultés juridiques présentées par l’insignifiance des frontières terrestres. Toutefois, il aura également l’effet d’accorder le poids d’un vote à la voix du cybercitoyen. Certes, il ne devrait pas être possible de relier cette voix directement à un particulier, mais l’identifiant unique devrait permettre de situer grossièrement son emplacement géographique et de confirmer qu’il figure sur une liste électorale en tant que citoyen. À partir de là, même si l’évolution de l’idéologie politique de chaque individu reste privée, la somme des voix sera publique et, bien sûr, analysée en temps réel par les firmes de sondage et les politiciens. Un peu comme les # de la twittosphère, le consensus populaire sur un débat d’actualité pourra être suivi sur le web sémantique. Les politiciens maintiendront leur liberté d’agir ou non en fonction de ce consensus, mais il deviendra de plus en plus difficile de résister à l’effet unificateur et la transparence accordée par le web intelligent. Chaque vote, chaque promesse électorale et chaque discours de chaque politicien seront répertoriés et consultables afin de pouvoir analyser leurs conséquences et les comparer à la volonté populaire dominante. Les politiciens, étant des personnalités publiques, ne bénéficieront pas de l’anonymat accordé aux cybercitoyens. Il sera difficile pour les élus de justifier des choix contraire à la pensée de leur électorat. Leurs décisions seront donc constamment influencées et nous obtiendrons une démocratie directe de facto.

Les grandes manifestations, voir révolutions, qui ont caractérisé le début de la deuxième décennie de notre millénaire n’ont été qu’un avant-goût de l’impact du web social sur la politique. Elles ont été menées contre des idées simples comme la corruption ou l’inégalité. Avec l’organisation sémantique du web et le début de notre relation symbiotique avec l’écosystème informationnel, les idées complexes pourront, elles aussi, servir de point de ralliement de l’action citoyenne.

La fin de l’administration publique

D’ici 30 ans, certains prédisent que la singularité technologique (le moment où l’intelligence artificielle dépassera largement la somme de toute intelligence humaine) bouleversera à tout jamais l’état d’être de notre espèce. L’intelligence artificielle qui émergera lors de cette singularité sera probablement le résultat du web intelligent, fondamentalement structuré par les interactions complexes qui caractérisent le modèle de la pensée humaine. Le web, lui-même, pourra dorénavant poser ses propres questions…

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L’intelligence artificielle éliminera le besoin de l’administration publique (entre autres) et focalisera notre système politique sur les grandes questions d’ordre philosophique. Nous verrons donc l’émergence ultime du « Roi philosophe » annoncée par Platon…

Ou pas.

Il est difficile de prédire l’avenir. Les experts s’entendent rarement sur les caractéristiques probables de la prochaine itération du iPhone… Je m’aventure quand même loin en prédisant la fin de notre système politique dans l’espace d’une génération. Toutefois, la loi de Moore me permet d’affirmer que la vitesse de nos interactions sera limitée par nos sens et non par la technologie.

Ce qui est inévitable

La gouvernance d’un pays était autrefois réservée à son élite intellectuelle. Le web social permet de créer, étiqueter, filtrer, partager et associer des données à une vitesse qui était encore jusqu’à tout récemment impossible. Les citoyens « branchés » sont les mieux informés de tous les temps. Ils ne peuvent être dupes par les mensonges et la corruption. La coordination de l’action citoyenne se poursuivra et les dictatures de ce monde disparaitront. 

Quelques freins à la transformation

Tant que l’accès à l’internet est contrôlé par les grandes entreprises, le progrès technologique sera retenu par les vitesses de transfert des données et le cout du Mo. Certaines entreprises privées cherchent à contourner ce problème en offrant un accès à grande vitesse gratuit. Ce n’est toutefois pas la réponse ultime.
Éventuellement, chers cybercitoyens, nous contribuerons tous à la création d’un web collaboratif rapide et gratuit. Avec les nouvelles infrastructures proposées (Pursuit) qui éliminent le besoin de serveurs, nous pourrons tous contribuer à la robustesse de la toile en utilisant nos routeurs sans fil comme nœuds émetteurs-récepteurs. L’internet du peuple sera un accélérateur du changement de notre réalité politique.

À qui le web?

À nous le web!

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Culture des amateurs

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Dans son billet Apprenez à programmer en dix ans, Peter Norvig affirme que dix ans sont nécessaires à la formation d’un expert. Il donne, notamment, l’exemple du musicien qui consacre progressivement plus d’heures par semaine à sa pratique. Plus il cumule des heures de pratique, plus il perfectionnera son art. Ce qui est à noter, c’est que ce n’est pas nécessairement la formation structurée qui permet de devenir expert, mais la pratique individuelle. Selon Norvig, c’est la mise à l’œuvre de la connaissance qui est la clé du succès de l’expert.

C’est une vision de l’expertise qui est contraire à celle du système pédagogique formel qui prône l’atteinte d’objectifs fixes et standardisés. La vision de Norgig correspond aux principes de la culture des amateurs qui elle se distingue par un système de stratification informelle d’autodidactes motivés par le plaisir d’apprendre et non par la rémunération.

 

Si vous le voulez, passez 4 ans à l’université (ou plus pour des études plus avancées). Ceci va vous donner accès à des emplois qui nécessitent des qualifications, et cela va vous donner une compréhension plus approfondie du domaine, mais si vous n’appréciez pas l’école, vous pourrez (avec un certain dévouement) acquérir une expérience similaire au travail.

 

L’instruction formelle est, pour lui, optionnelle à l’accumulation du savoir. On peut simplement aimer apprendre et prendre plaisir à acquérir des compétences pour atteindre un certain niveau d’expertise. Un amateur est justement quelqu’un qui n’a aucune obligation d’acquérir des connaissances, mais qui le fait par intérêt personnel.

Avec 10 000 heures de pratique, quiconque peut devenir un expert. Comme le dit Norvig : «  La meilleure sorte d’apprentissage est d’apprendre en le faisant. »

L’éthique des hackers

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La culture hacker est apparut dans les années 1960 autour de MIT. Dans le contexte de l’informatique, un « hacker » est une personne qui aime le défi intellectuel de surmonter de façon créative et de contourner les limites des systèmes de programmation et qui tente d’étendre leurs capacités.

Cette culture hacker témoigne d’une idéologie bien précise. En effet, l’éthique hacker est la manifestation de leurs croyances implicites. Les précepts de ce système de valeurs ont été identifiés par le journaliste américain Steven Levy dans son livre Hackers : Heroes of the Computer Revolution. 

1. Vous devez obéir à l’impératif de la pratique : l’accès aux outils qui permettent de comprendre le fonctionnement du monde devrait être total et illimité.

En donnant aux hackers l’accès aux outils dont ils ont besoin, ils pourront continuer à améliorer les produits et faire avancer le savoir collectif.

2. Toute information devrait être libre et gratuite.

Ce principe est relié directement au premier, car l’accès à l’information est nécessaire à la créativité et à l’échange d’idées qui permettent de faire avancer le savoir.

3. Méfiez-vous de l’autorité et faites la promotion de la décentralisation.

La meilleure façon de promouvoir le libre échange de l’information est d’avoir un système ouvert qui ne présente pas de frontières entre un hacker et un élément d’information ou un équipement dont il a besoin dans sa quête de connaissance.

4. Les hackers devraient être évalués par leurs actions et non par des critères factices comme les diplômes, l’âge, l’origine ethnique ou la position hiérarchique.

La compétence est l’ultime déterminant du mérite. Un tel code dans la communauté des hackers favorise la progression continue et le développement de logiciels. Ce système ne prône donc pas l’égalité, mais l’opportunité égale pour chacun de faire preuve de sa compétence.

5. Vous pouvez créer de l’art et de la beauté avec un ordinateur.

L’ordinateur n’est pas un simple outil de travail, il est comme le pinceau de l’artiste ou l’instrument du musicien. La simplicité et l’efficacité du code d’un logiciel forment une œuvre d’art à part entière. L’ordinateur permet au hacker de mettre l’œuvre sa créativité.

6. Les ordinateurs peuvent améliorer vos vies.

Les ordinateurs accordent une vocation aux hackers. Ils leur permettent créer à l’infini et de partager la connaissance.

7. Comme la lampe d’Aladin, l’ordinateur peut vous obéir au doigt et à l’œil.

Les ordinateurs sont les serviteurs des hackers. L’analogie avec la « lampe d’Aladin » réfère au potentiel infini des tâches que peut effectuer un ordinateur pour son « maître » lorsque celui-ci sait comment l’utiliser.

 

Ce système de principe diffère de la culture dominante qui perçoit les ordinateurs comme des outils, des jouets ou des moyens de communication. Seuls ceux qui comprennent entièrement leur moyen de fonctionnement peuvent les percevoir comme des serviteurs. La notion de la liberté totale de l’information est aussi contraire à notre culture du travail rémunéré où l’information a une valeur et devrait permettre une contrepartie pour celui qui la génère.

Il devient toutefois de plus en plus difficile de restreindre la diffusion de l’information, en grande partie, en raison du travail des hackers.

Marketing personnel

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Quelle est votre marque personnelle?

Avez-vous déjà essayé de d’écrire votre propre nom dans un moteur de recherche? Prenez un instant pour le faire ici.

Le résultat risque de vous surprendre. Je sais que je suis resté assez abasourdi par la quantité d’informations disponible suite à la plus simple des recherches rapide. Au fil des ans, on perd le compte du nombre de sites qui nous demandent de fournir des informations personnelles.

Le résultat de cette recherche dresse toutefois une vue d’ensemble de mon identité sur le web. L’image ainsi projetée est contributive à ma réputation sur le web.

Comment gérer votre marque personnelle?

Avec tant d’informations disponibles, il devient de plus en plus important de gérer activement notre marque personnelle, surtout lorsqu’on est sur le marché du travail. Initialement, il faut dresser une liste des sites figurant dans les premiers résultats de notre recherche. Souvent, on y retrouve des sites tels que Google+, LinkedIn, Youtube et Twitter. Cela présente un avantage puisque nous pouvons contrôler directement ce qui est affiché à notre sujet sur ces sites.

Sachant ce que nous devons prioriser comme sites, il faut dresser une liste des attributs que nous souhaitons véhiculer avec notre marque personnelle.  Comment voulons-nous être perçus? En identifiant le résultat désiré, nous pourrons mieux orienter nos choix de partage de contenu et définir les informations personnelles que nous cherchons à  diffuser.

Il faut être cohérent

La règle d’or de la gestion de l’identité web est la cohérence. Il faut que l’internaute puisse croire au portrait que l’on a développé. Pour ce faire, tous les morceaux doivent faire partie d’un tout cohérent et crédible.

Avec une heure de travail par semaine, on peut réussir à projeter l’image que l’on souhaite afficher.

 

 

L’identifiant unique reste un rêve

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Quand OpenID a été lancé en 2006, la proposition de valeur était intéressante : un système d’authentification décentralisé permettant aux utilisateurs de s’authentifier auprès de plusieurs sites avec un seul identifiant. Un identifiant unique allait permettre aux internautes de s’identifier une fois auprès d’un site de confiance pour ainsi bénéficier d’un accès rapide aux autres sites indépendants du web. Plus besoin de créer un compte d’utilisateur différent pour chaque site!

OpenID n’a pourtant pas bénéficié du succès qu’il semble avoir mérité. Certains se demandent si OpenID est mort. Avec la fin de MyOpenID février dernier, on comprend mieux pourquoi OpenID s’efface tranquillement : la compétition directe des sites tels que Facebook et Twitter qui proposent leurs propres systèmes d’authentification uniques. Ces derniers ont des marques bien connues qui inspirent la confiance. Le système d’authentification OpenID est complètement décentralisé et sa promotion se fait par un organisme qui n’est pas à but lucratif. Ça ne permet pas de se bâtir une grande renommée.

Cela dit, le concept de OpenID, le SSO (Single Sign On) a été repris par plusieurs entreprises cherchant à être l’émetteur principal de « passeport web » afin de consolider leur emprise sur leurs utilisateurs. Comme le dit bien Yashan Wong sur le site Quora, les internautes ne sont pas vraiment intéressés par la sécurité, mais par la facilité d’accès au contenu. OpenID nécessite trop d’explication pour le commun des mortels et reste ainsi voué à disparaître.

Aujourd’hui, on peut se demander si le SSO est encore pertinent. Les fureteurs comme Firefox ou Chrome sont en mesure de remplir automatiquement des fiches d’identification et les gestionnaires de mots de passe éliminent les difficultés associées à l’utilisation de plusieurs mots de passe complexes.

Bien que la technologie de reconnaissance biométrique déployée dans la dernière génération d’iPhones offre de nouvelles options d’identification intéressantes, nous sommes encore loin de la solution unique.

L’empire de la photo

visuellement captivant

Depuis quelques années, nous constatons une croissance rapide des plateformes sociales permettant le partage de contenu visuel (Flickr, Instagram, Pinterest).

Souvent sans modèle d’affaires concret, certaines entreprises du Web 2.0 obtiennent des évaluations de plus d’un milliard sans actif tangible. Leur point de vente, pour les investisseurs, est le temps d’interaction qu’ils génèrent avec leur public cible.

Toutefois, ce public est constamment bombardé de contenu. L’accessibilité au contenu n’est plus un facteur pertinent ; c’est la capacité de capter l’attention et stimuler l’interaction des internautes qui attire les investisseurs.

Si une image vaut mille mots, les plateformes sociales de partage d’images permettent de véhiculer de l’information à un rythme exponentiellement plus élevé que les sites de partage de contenu principalement sous forme de texte. Les images offrent souvent des hyperliens vers des sites ou des blogues pour en savoir davantage, mais c’est la première interaction avec le contenu, ce premier « click », qui est d’importance capitale.

L’internaute effectue constamment une évaluation du contenu qu’il consomme, mais les images permettent de contourner la raison et interpeler directement les émotions. Elles offrent aussi la promesse de la simplicité puisqu’elles peuvent rapidement véhiculer leur message et permettent ainsi une consommation accrue. De plus, les images sont souvent des objets sociaux à part entière permettant de commenter, partager,  Liker, Pinner, « +1 » et autres.

Les plateformes sociales accordent beaucoup d’importance à la photo accompagnant le contenu. Quand la majeure partie de l’interaction avec le contenu a lieu dans les plateformes sociales, l’optimisation visuelle d’un billet devient incontournable. L’image devient la porte d’entrée vers le contenu que l’on souhaite partager.

 

 

 

Après Facebook et la fin de l’internet payant.

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Depuis sa création en 2004, Facebook a mûri pour se situer aujourd’hui au premier rang des réseaux sociaux au niveau mondial avec plus d’un milliard d’utilisateurs.

Certains prétendent que l’ère de Facebook tire à sa fin et que la plateforme perdra 80 % de ses utilisateurs d’ici trois ans avant de disparaître totalement. On compare sa propagation à celle de la peste bubonique. D’autres citent l’exemple de MySpace pour décrire le destin de Facebook.

Je ne suis pas d’accord.

Les utilisateurs de Facebook ont méticuleusement documenté et leurs champs d’intérêts, leurs activités, leurs photos et leurs interactions. Puisque Facebook ne permettra pas la migration des profils vers d’autres plateformes, il nous tient par la paresse.

Plutôt que sa disparition, nous assisterons à sa transformation. Selon moi, ce n’est pas Facebook qui va disparaître, mais les fournisseurs traditionnels de services téléphoniques et d’internet.

« Hein? Comment ça? »

 Dans le monde de l’aprèsWeb 2.0, la mobilité est essentielle au succès des entreprises.  Google et Facebook gagnent leurs revenus en vendant de l’espace publicitaire. Ils ont donc intérêt à maximiser le nombre d’utilisateurs liés en permanence à la toile.  Les fournisseurs, quant à eux, cherchent à maximiser leurs profits en vendant des abonnements de longues durées avec le moins de données possible, car ils savent que les minutes de téléphonie et les messages textes (très profitables) ne sont plus pertinents dans un monde qui offre de la téléphonie (Skype, Google Hangouts) et de la messagerie gratuite (Facebook Messenger, WhatsApp), ce qui explique la monté des prix pour les forfaits avec données.

Les géants du Web 2.0 et les fournisseurs tels que Bell, Rogers et Telus ont des objectifs contradictoires. C’est pourquoi Google et Facebook cherchent à contourner le problème en offrant une connexion gratuite à l’internet à qui la veut.

Le déclin de MySpace s’explique, selon moi, par un manque d’innovation. Facebook ne souffre pas de ce problème.

L’objectif de Facebook est de lier le monde tout en accumulant une base de données sur chaque individu pour lui présenter des publicités ciblées. Plus il augmente la durée de l’interaction avec la plateforme, plus il est profitable. C’est pour cette raison qu’il offre la messagerie instantanée, les appels voix, les appels vidéos, le partage d’objets sociaux en plus de ses services de base.

De la même manière que Google veut être LE moyen de chercher de l’information sur la toile, Facebook ne veut pas être UN intermédiaire entre les individus, il veut être l’UNIQUE intermédiaire (ce que Google cherche à faire aussi, mais sans succès).

Même si les jeunes d’aujourd’hui utilisent de plus en plus d’autres plateformes sociales, Facebook les suit et continuera à les suivre par acquisition ( Instagram, WhatsApp, etc.).

Et Facebook évoluera.

Nous n’avons qu’à regarder son acquisition récente d’Oculus Rift pour spéculer sur sa vision de nos interactions dans un avenir rapproché.

La réalité virtuelle deviendra notre réalité sociale.

Dans l’aprèsWeb 2.0, Facebook disparaîtra pour céder la place l’interaction sociale, mais celle-ci s’effectuera dans un monde créé, contrôlé et mis à jour par…

Fb.

Bienvenue à demain.